«COOPÉRATION MÉDITERRANÉENNE»
par
Javier Cisneros
Coordonnateur de Projets de Coopération
MED Forum
«COOPÉRATION MÉDITERRANÉENNE»
Présentation
Introduction à la coopération dans la Méditerranée
1. Le "développement soutenable": le point de rencontre de la coopération au développement et lenvironnement
2. Le rôle des ONGs dans le contexte international
3. Caractéristiques spécifiques de la coopération au développement dans la Méditerranée
A. Proximité des acteurs: le contexte géographique
1. La Méditerranée en tant quunité: léco-région (écologie)
2. La Méditerranée en tant que frontière Nord-Sud: linégalité (économique)
3. Migration et croissance démographiques (démographie)
B. Un des acteurs (celui du Nord) est lUnion Européenne: le contexte politique
4. Le Partenariat Euroméditerranéen
5. Zone de Libre Commerce dans la Méditerranée (ZLCM)
C. Une mer agitée
6. La diversité culturelle
7. Conflits armés
4. Le programme des ONGs pour la «Coopération Méditerranéenne»
Bibliographie (citée dans le texte)
Présentation du programme «Coopération Méditerranéenne» de MED Forum
1. Introduction
2. Service d'information: MED Info
3. Banque de Projets
A. Différents niveaux du service et de la participation
B. Comment concevoir les projets?
C. Liste de vérification
D. Exemples en action
4. Construire le concept de «Coopération Méditerranéenne»
Bibliographie
PRÉSENTATION
Je voudrais, en premier lieu, souhaiter la bienvenue à tous les assistants au V Forum Environnemental de la Méditerranée (Barcelone, 19 et 20 novembre 1998) et remercier la présence de nos illustres invités. Je tiens à saluer particulièrement les représentants des ONGs provenant de plus de 20 pays de la Méditerranée qui nous accompagnent en ce moment, parce quelles constituent la raison dêtre de cette rencontre (transparent 1).
Un des objectifs de ce V Forum est détablir les bases du programme de «Coopération Méditerranéenne» afin dimpulser un codéveloppement soutenable de lensemble du bassin méditerranéen. Cest à dire, il sagit de prévoir le travail à réaliser par les ONGs, en tant que stimulatrices du développement soutenable dans un contexte aussi spécial que lest la mer Méditerranée. Nous allons y consacrer la séance de ce matin.
Daprès le programme prévu, nous allons démarrer la séance à travers une petite introduction sur ce que nous comprenons par «coopération méditerranéenne», puis nous essayerons débaucher les particularités propres à la réalisation dune tâche aussi vaste que la coopération au développement lorsque nous la limitons au domaine méditerranéen.
Ensuite, nous continuerons avec la présentation et le lancement du programme «Coopération Méditerranéenne» de MED Forum, le réseau des ONGs de la Méditerranée pour lécologie et le développement soutenable, et qui organise ce V Forum Environnemental de la Méditerranée. Ce programme prétend, dune part, offrir un service à toutes les ONGs de la Méditerranée pour faciliter leur tâche qui consiste en la réalisation de projets de coopération au développement soutenable, et, dautre part, créer un point de rencontre des différents acteurs gràce à qui les projets de coopération dans la Méditerranée se mettent en oeuvre: les ONGs, tous les niveaux de lAdministration, les institutions et les organismes internationaux, toutes sortes de donneurs, experts et techniciens, coopérants, volontaires, etc.
Finalement, et ce qui est fondamental, nous avons lhonneur de compter au sein de notre table de débat, avec un groupe dense de personnalités rattachées dune façon ou dune autre à la réalité méditerranéenne. Depuis leurs différentes perceptions, expériences et connaissances, elles vont nous aider à ébaucher le rôle que peuvent détenir les ONGs dans la construction dune meilleure Méditerranée. Le débat est structuré en deux parties. Au cours de la première partie, nous nous réjouirons dun tour de parole à travers de courtes interventions de nos invités, puis au cours de la deuxième partie, nous élargirons le débat à tous les assistants. Nous tenons, dès maintenant, à remercier la présence de nos invités ainsi que leur gentillesse à travers laquelle ils ont accédé à notre requête. Nous voudrions aussi exprimer lhonneur que représente pour nous le fait de pouvoir compter sur leurs opinions ici aujourdhui. (Transparent 2).
Introduction à la coopération dans la Méditerranée
1. Le "développement soutenable": le point de rencontre de la coopération au développement et lenvironnement
La première question quon peut se poser est la suivante: Pourquoi au sein dun Forum Environnemental de la Méditerranée parlons-nous de coopération?, pourquoi les ONGs qui provenons du monde de lécologie nous trouvons-nous aujourdhui à discuter sur la coopération? La réponse est bien simple: le grand enjeu environnemental de la planète est de parvenir au "développement soutenable" pour lhumanité. La clé se trouve dans ce concept de développement soutenable.
Le "développement soutenable" défend le besoin qua le développement de "subvenir aux besoins présents sans pour autant engager la capacité des futures générations pour subvenir aux leurs" (WCED, 1987) et cest le développement soutenable qui a favorisé la rencontre de deux courants de pensée à lorigine différents: celui qui soutient lintégrité écologique de la Terre et celui qui agit afin de parvenir au confort des sociétés sous-développées.
Ces deux courants de pensée ont subi, au cours de lhistoire, différentes trajectoires (transparent 3) et nous pouvons considérer la Conférence des Nations Unies pour lEnvironnement et le Développement (CNUED), qui a eu lieu à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, comme étant le point de rencontre de ces deux courants dans le contexte international. Le Sommet de la Terre de Rio suppose lintersection des deux concepts qui désignent la Conférence par son nom: développement et environnement. Cest à ce niveau que le concept de "développement soutenable" sert de trait-dunion définitif entre la question écologique et la question Nord-Sud.
On peut trouver plusieurs évènements au cours de cette rencontre qui culmine au Sommet de la Terre de Rio:
- 1966. LONU crée le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), grâce à la pression des pays sous-développés appelés alors pays non-alignés ou du tiers monde, dans la logique de la politique des blocs- pour bâtir un nouvel ordre économique international.
- 1972. La Conférence sur lEnvironnement Humain à Stockholm (CNUEH) crée le Programme des Nations Unies pour lEnvironnement (PNUE): exclusivement environnemental.
- 1980. Le Rapport Brandt révèle le complexe réseau dinterdépendances entre les pays du Nord et du Sud (abandon du terme "tiers monde", caractéristique de la division Est-Ouest) et propose dabandonner des concepts tels que "assistance" ou "aide" en bénéfice de nouvelles structures pour lordre économique international.
- Rapport Brundtland (1987) Notre futur commun. Le PNUE crée en 1983 la Commission Mondiale de lEnvironnement et du Développement, présidée par le premier ministre norvégien, pour réaliser ce rapport. Dans celui-ci, le terme "développement soutenable" (introduit préalablement par la UICN) est définitivement adopté: "le développement soutenable doit subvenir aux besoins essentiels de tous et étend à tous la possibilité dassouvir leurs aspirations vers de meilleures conditions de vie" (WCED, 1987).
[- Viendrait ensuite la FAO en 1989, dans sa tentative dintégration des questions environnementales au sein du développement: Conférence sur lAgriculture et lEnvironnement (Hollande, 1991)]
- 1992. Finalement, et comme résultat du Rapport Brundtland, la Conférence des Nations Unies pour lEnvironnement et le Développement (CNUED) de 1992 a lieu à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992. Cest à partir de là que lon accepte universellement le concept de développement soutenable.
Mais, que voulons-nous dire par développement soutenable? Ce terme possède une infinité de définitions.
- Même le terme "développement" est un concept imprécis. Grâce à une telle imprécision, personne ne met en doute quil sagit de quelque chose de souhaitable. Par ailleurs, ce terme a tendance à être confondu avec celui de croissance économique, bien quheureusement cette vision réductionniste va bientôt être dépassée. Cest au cours des décades des 60 et 70 que de nombreuses idées théoriques ont surgi, concernant le développement et le modèle que devaient suivre les pays sous-développés afin de quitter leur situation précaire, modèle qui navait presque jamais aucun lien avec le processus historique unique dont avaient souffert en réalité les pays nommés développés. Aujourdhui, face à la globalisation et à la progressive libéralisation internationale du commerce, le débat se poursuit.
- Le concept de "soutenabilité" a soulevé lui aussi un large débat. Même au début, de nombreux pays du Sud ont critiqué que depuis le Nord on essayait de qualifier de "soutenable" le développement que ces premiers poursuivaient: était-ce cela, un nouveau piège pour ajourner indéfiniment ce concept?
Loin des discussions théoriques au sujet de la vraie définition de "développement" (uniquement croissance économique ou aussi changements structurels et dans ce cas, quel genre de changements structurels), les ONGs avons défini clairement quel doit être lobjectif prioritaire de la coopération au développement: la suppression de la pauvreté. Autant lengagement 20:20 du Sommet du Développement Social (Copenhague, 1995), que le document fixant les objectifs du Comité dAide au Développement de la OCDE (OECD, 1996), en témoignent.
Quant à la soutenabilité, le travail quotidien des ONGs qui nous consacrons à lenvironnement en a éclairci le sens: "amélioration des conditions de vie humaines au sein de la capacité de charge des écosystèmes qui fournissent le support de la vie" (IUCN-UNEP-WWF, 1991).
Cette convergence entre environnement et développement, qui est confirmée à travers le concept "développement soutenable", les ONGs nous lavions déjà découvert dans la pratique, dans le travail sur le terrain, bien que notre histoire particulière en tant quorganisations ait eu une origine tantôt dans le domaine de la coopération, tantôt dans celui du souci pour lécologie. Il sagit en fait, de constater dans la pratique quil nexiste pas de véritable développement si celui-ci nest pas soutenable et quil ny a pas de véritable protection de lenvironnement si lon ne pousse pas les collectivités à accéder au confort. Le traitement de la question environnement et écologie sest peu à peu étendu, jusquà arriver à comprendre la problématique nord-sud, pendant que la coopération au développement a progressivement découvert limpossibilité dimpulser le développement du sud sans pour autant concevoir un modèle dengagement avec le futur environnemental de la planète. Lacceptation universelle du concept de "développement soutenable" sert uniquement à démontrer que notre travail est réussi.
Cependant, cette relation étroite existant entre développement et environnement nest pas encore tout à fait vraie pour les institutions, les organismes internationaux, la division interne des administrations, les lots budgétaires voire même les politiques gouvernementales. Pour ceux-ci, développement et environnement sont encore divorcés. Dans le meilleur de cas, ils se soucient de limpact sur lenvironnement des projets de développement (EIA: Étude dImpact sur lEnvironnement) ou alors, ils recherchent un impact économique positif dans les projets relatifs à lenvironnement.
Conclusion: la convergence entre développement et environnement sest produite sur deux plans:
- Sur le plan théorique, avec lacceptation universelle dun "développement soutenable".
- Sur le plan pratique avec la coïncidence sur le terrain de projets dONGs "de développement" et dONGs "environnementales" ayant les mêmes objectifs.
La coopération dans la Méditerranéene ne peut senvisager que du point de vue dont découle une telle convergence.
Par ailleurs, nous assistons en ce moment à la convergence dun troisième acteur dans la coopération internationale, outre les ONGs "de développement" et les ONGs "environnementales". Il sagit des ONGs "de lutte pour les droits humains" (libertés, paix, démocracie, minorités, femmes, enfants, etc.): il ne peut y avoir un véritable développement sans autonomie individuelle. Ni le "développement soutenable" de Rio, ni l"index de Développement Humain" (IDH) du PNUD ne rendent encore compte de ce nouvel aspect qua pris le développement. Les ONGs, à nouveau, nous coïncidons sur le terrain, mais il est nécessaire maintenant de définir le concept théorique de manière à pouvoir lenglober aussi.
2. Le rôle des ONGs dans le contexte international
Après avoir tenté de justifier pourquoi environnement et développement se trouvent indissolublement unis, nous allons maintenant exposer les défis énoncés dans la coopération au développement en général et dans la coopération dans la Méditerranée en particulier.
Contexte (transparent 4): la coopération au développement se met en oeuvre au sein de coordonnées qui marquent cette fin de siècle:
- Universalisation des lois du marché: La fin du véritable socialisme implique, dun côté, la fin de la structure bipolaire des relations internationales et permet, dun autre côté, de globaliser léconomie avec limplantation, à léchelle de la Terre, de la loi de loffre et de la demande. Ce triomphe du marché et de ses lois na pas été automatique ni spontané, sinon quil a été impulsé par ce que lon a dénommé la pensée unique ou, si on se sent mal à laise avec cette étiquette si controversée, la lutte pour les idées néolibérales.
- Persistance de la pauvreté. Malgré ceux qui annoncent limminente "fin de lhistoire" grâce à luniversalisation des lois du marché, de la démocracie et de labondance, la fracture entre riches et pauvres augmente. Les bourses de pauvreté dans le sud de la planète et dans le sud du nord persistent et même plus, elles sagrandissent.
- Perte de protagonisme des gouvernements. Les gouvernements, dun côté, et les organismes internationaux intergouvernementaux quils constituent deux-mêmes, dun autre côté, sont de moins en moins les protagonistes principaux du développement économique. Ils perdent leur pouvoir en bénéfice du capital privé et des entreprises transnationales. Tout cela fragilise encore davantage le contrôle démocratique de la société à légard des facteurs qui influencent leur développement.
- Consolidation des ONGs en tant quacteurs de la société internationale. Leur récente apparition il y a quelques années dans le contexte international a ouvert la voie à une présence solide et indispensable. Nous assistons à un véritable boom, surtout dans le nord, dassociations de citoyens préoccupés par le maintien dune participation active dans la société et ses problèmes: associations de tous genres, ONGs, volontariat, etc.
La globalisation de léconomie ne semble pas attirer par elle-même la suppression de la pauvreté ni lessor du développement soutenable. Bien au contraire. Dans ce contexte, les ONGs nous devons continuer à travailler, et maintenant plus que jamais.
Les défis que nous, ONGs, affrontons sont les suivants (transparent 5):
- Développer un véritable partenariat dégal à égal entre nord et sud, allant au-delà du simple patronage et du dirigisme de celui qui finance, afin daccorder le pouvoir à ceux qui doivent être les protagonistes de leur propre développement.
- Augmenter la capacité (capacity building) des ONGs du nord et du sud. Professionalisation, échange dexpériences, connexion au réseau, etc.
- Ne pas se limiter au travail détaillé sur le terrain, mais influencer les mécanismes internationaux qui provoquent la pauvreté. Influencer les politiques nationales et internationales de développement.
- Promouvoir une éthique du citoyen mondial: «la tendance actuelle est de créer ce qui a été qualifié de "coalition transnationale de personnes qui croient en la justice, léquité et la démocratie, afin dinfluencer le processus de développement", par un auteur du sud. En toute sécurité, ces coalitions seront formées par des groupes impliqués dans des causes allant des droits de lhomme jusquau développement de lenvironnement, des questions nationales jusquaux internationales. Ils sont en train de constuire une nouvelle société pour assouvir le changement» (INTERMÓN, 1997).
Tout cela traduit ce qui se passe à legard des ONGs et de la coopération dans le monde, mais, que se passe-t-il vis-à-vis de la Méditerranée?
- Nous sommes convaincus que la coopération au développement dans le cadre méditerranéen réunit des caractéristiques qui lui sont propres, spécifiques, différentes, et qui attribuent une nuance indispensable à lidée générale de ce qui est compris en tant que coopération au développement.
- Nous prétendons concevoir un concept théorique: la "coopération méditerranéenne". Il sagit dune étiquette, un lieu commun, un cliché, une expression à travers laquelle, lorsquelle sera utilisée, tout le monde sache que nous nous rapportons à cette forme particulière de comprendre la coopération au développement que les spécificités de la Méditerranée exigent.
3. Caractéristiques spécifiques de la coopération dans la Méditerranée
Nous allons maintenant analyser quelles sont les caractéristiques particulières que présente la coopération dans la Méditerranée (transparent 6). Dans une première approche, trois aspects évidents sautent aux yeux:
A. La proximité des acteurs: nord et sud sont en contact, ils partagent un voisinage géographique et se répartissent sur les deux rives de la Méditerranée.
B. LUnion Européenne est lun de ces acteurs: la mer est dominée par la présence dans le nord dun vaste empire, différent des antérieurs mais également riche et puissant.
C. Une mer agitée. La Méditerranée nest pas une mer calme: les contrastes et les différences quelle abrite soulèvent des tensions qui aboutissent parfois dans un conflit armé.
A. Proximité des acteurs: le contexte géographique
Un des éléments les plus spécifiques de la coopération dans la Méditerranée, et qui napparaît pas dans la plupart des autres cas, est la proximité géographique des acteurs intervenant dans le processus (transparent 7).
Lidée de coopération au développement nord-sud est en pleine évolution, partant du concept traditionnel de flux unidirectionnel dun pays développé vers un pays en voie de développement en ce qui concerne les moyens financiers, techniques et humains qui favorisent lautodéveloppement du pays récepteur, et allant vers un concept beaucoup plus large de "développement" où la ligne de division entre donneur et bénéficié est loin dêtre au clair.
Mais de toutes façons, il y a toujours au moins deux acteurs ou pôles qui interviennent: lun provenant dun pays développé, lautre dun pays en voie de développement. Il sagit dune coopération nord-sud bien que les bénéfices soient réciproques.
Dans le cas de la Méditerranée, ces acteurs appartiennent à une même unité géographique, ils sont très proches dans lespace, ils partagent une relation de voisinage. Exemple: une ONG danoise dirigeant un service de microcrédits au Guatemala, ou bien une ONG espagnole construisant des puits en Inde ne revient pas au même quune ONG italienne qui déploie le lancement dune coopérative agricole pour des jeunes chômeurs en Albanie.
Conclusion: Ce facteur géographique cause une série de caractéristiques propres à la coopération méditerranéenne, une série de conséquences que nous allons analyser dans ce qui suit.
1. La Méditerranée en tant quunité: léco-région (écologie)
On questionne aujourdhui lexistence de la Méditerranée en tant quunité ou système de degré inférieur régional dans le contexte des relations internationales. Dun point de vue politique, économique voire même historique et culturel, on naccepte pas quelle puisse former un tout. Les raisons à alléguer reposent sur lexistence dénormes différences à son égard:
- économiques,
- entre civilisations et religions, et
- les différences politiques entre démocratie et systèmes authoritaires.
Il est évident que la Méditerranée na pas une position dacteur homogène ni dans les questions politiques, ni dans celles concernant léconomie mondiale. Elle na pas vocation à devenir une unité politique ni nagit en tant que bloc économique.
Elle nexiste pas non plus en tant quunité, du point de vue théorique daprès les manuels de géographie économique ou géographie politique, ni dans la plupart des bureaux régionaux des organismes internationaux et des agences multilatérales (à de rares exceptions près: le PAM du PNUE, le METAP de la BM et de la BEI ou le Partenariat Euroméditerranéen de lUE). Paul Balta (Balta, 1992) dénonçait déjà en 1992 la profonde déstructuration de la Méditerranée comme un tout. Cela revient à dire quil se produit des contradictions telles que celle de lUnion Européenne ne considérant pas la Croatie comme un pays méditerranéen elle est exclue du Partenariat Euroméditerranéen et que, au contraire, tous les manuels considèrent ce pays comme faisant partie intégrante des PECOs ou pays du centre et de lest de lEurope.
On nous accuse même, dun point de vue historique et culturel, de romantiques, nous tous qui défendons une unité culturelle profonde entre les méditerranéens, une forme de comprendre la vie partagée depuis Algeciras jusquà Istanbul, une philosophie de la vie véritable et commune. On oppose à celle-ci lévidence des diversités religieuse, des langues et de la civilisation, qui nous sépare et qui se manifeste de manière stupéfiante dans les phénomènes externes comme le sont larchitecture religieuse ou la façon de shabiller et dans des phénomènes plus graves comme lest le rôle social de la femme.
Cest uniquement à partir dune approche géostratégique quon attribue cette unité à la Méditerranée: cest le terrain des opérations militaires de la VI flotte des États Unis. Cest à dire, cest un lieu clé pour lapprovisionnement et le transport dhydrocarbures vers loccident.
Mais il existe, outre le géostratégique, un autre point de vue sous lequel lunité méditerranéenne est inquestionnable: le point de vue de lenvironnement. Nos bassins hydrographiques déversent dans une même mer, nous nous réjouissons dun même climat et notre paysage est lun des plus "civilisés" de la planète à cause dune activité anthropique (de lhomme) millénaire. Les problèmes et défis relatifs à lenvironnement sont communs à tous les pays, et ceux qui interviennent dans un lieu déterminé, comme dans tout écosystème, affectent lensemble. Celle-ci est lunité méditerranéenne que personne ne questionne: celle concernant lécologie.
[Nous laissons de côté, cependant, le problème des limites géographiques précises du système méditerranéen, mais nous excluons hors de ses limites, par habitude, la mer de Marmara et la mer Noire.]
Tous les assitants ici présents connaissons les grands défis relatifs à lenvironnement de la Méditerranée, et nous en avons parlé dans les séances dhier sur notre Agenda 2000: gestion intégrée de leau, gestion intégrée des déchets, gestion intégrée des zones côtières (IMCZ), lutte contre la désertification, protection de la biodiversité, tourisme soutenable, etc. Et si les représentants dun extrême à lautre de la Méditerranée sommes réunis ici, cest parce que nous savons quil sagit de problèmes partagés. Nous sommes la preuve secrète que la Méditerranée forme une unité.
Doù limportance des ONGs étroitement liées à lenvironnement dans le but de structurer la Méditerranée en tant quunité commune. Ses problèmes sont communs et en rapport les uns avec les autres, et les efforts à fournir pour les solutionner dans un lieu déterminé, se transforment en expériences aplicables dans dautres endroits.
Conclusion: la Méditerranée constitue une unité inquestionnable du point de vue de lenvironnement: cest une éco-région. Quelles en sont les conséquences au regard de la coopération au développement entre les pays du bassin? Toute action portée dans le domaine de la coopération au développement dans la Méditerranée:
- produit des effets sur lensemble et sur les acteurs des deux pôles, et ont un impact beaucoup plus grand que sil sagissait dune tâche réalisée à "longue distance",
- met en évidence le besoin dun co-développement qui aille au-delà du concept unidirectionnel dassistance qui persiste encore parmi des acteurs nappartenant pas au même contexte géographique, et
- considère davantage la soutenabilité, limpact sur lenvironnement, parce que lon partage et lon connaît la même réalité éco-régionale.
2. La Méditerranée en tant que frontière nord-sud: linégalité (économie)
Le déséquilibre économique et relatif au développement humain existant sur la Terre constitue, malheureusement, la raison dêtre de la coopération au développement.
Par conséquent, nous ne pouvons pas considérer un trait spécifique et différentiateur de la coopération méditerranéenne qui sétablisse entre les deux pôles séparés par une injuste division des richesses.
Le trait caractéristique qui découle de la proximité géographique, cest le fait que ces pôles soient intimement liés, et gardent une étroite relation de voisinage. Tout au long des côtes dune même mer partagée, apparaissent un nord et un sud économiques qui coïncident pratiquement avec le nord et le sud géographiques.
Nous ne prenons pas en compte, cependant, dans la Méditerranée, les pays nommés moins favorisés ou moins développés ou moins avancés (PMA), daprès un barême reposant exclusivement sur la répartition du PNB (GNP) par habitant. Il ny a pas non plus de pays avec un bas "Index de Développement Humain" (IDH inférieur à 0,500), par contre, lindex moyen existe (de 0,500 à 0,799), daprès la classification du PNUD (rapport 1997).
Quelques données sur les différences économiques:
- La relation entre le revenu moyen par habitant dans les États membres de lUE et le reste des pays méditerranéens non membres est de 1 a 20.
- L"Arc latin" (Espagne, France et Italie) accumule le 88% du PIB de lensemble de la Méditerranée avec seulement le 42% de sa population.
- LEurope méditerranéenne consomme le 80% de toute lénergie qui est consommée dans la mer Méditerranée (un 9% de la consommation dénergie mondiale)
Mais, cependant, il existe un fort degré dinterdépendance:
- Dépendance commerciale du sud: lUE représente le 40% du total des exportations des pays arabes de la zone (pour la Tunisie, ce chiffre atteint le 79%), qui par contre représentent uniquement un 4% du commerce extérieur communautaire.
- Dépendance stratégique du nord: les pays méditerranéens non membres de lUE apportent le 20% de toute lénergie que celle-ci consomme dans son ensemble (un pourcentage plus élevé pour l"Arc latin").
Une autre situation similaire concernant le voisinage nord-sud et qui nous traverse lesprit est celle qui se produit à la frontière entre les États Unis et le Méxique, où le Rio Grande sépare un nord riche et oppulent de la pauvreté du sud.
La coopération nord-sud, losquelle se produit, comme dans le cas de la Méditerranée ou des États Unis, entre voisins proches et interdépendants perd souvent son caractère solidaire et désintéressé. La motivation pour cette coopération repose sur les intérêts du nord de ne pas voir menacés ses quotas dabondance, plutôt que de faciliter laccès à labondance aux populations du sud. Cest ainsi quil y a une rupture de linertie du nord visant à vivre dans son isolement doré et quil se mobilise pour rétorquer à ce quil comprend comme une menace.
Lapproche du problème nest pas alors laide gratuite
mais la recherche davantages économiques pour le nord:
- Investir dans le sud pour tirer profit de lavantage comparatif dune main doeuvre plus économique (sans pour cela arriver à ce que lon a nommé par erreur le dumping social, ou avantage déloyal, suscité par un coût de protection sociale des travailleurs rare voire nul).
- Libéraliser progressivement laccès commun aux marchés, bien que le bénéficié soit souvent le nord.
- Créer des emplois dans le sud pour éviter limmigration dans le nord.
3. Migration et croissance démographique (démographie)
Il se produit une forte tendance migratoire du sud vers le nord méditerranéens. Ses principales raisons sont linégalité économique et la proximité géographique. Mais il y a, par ailleurs, dautres facteurs qui la favorisent:
- Des différences accablantes dans les taux de fertilité et de croissance démographique entre les pays du sud et ceux du nord.
- Vieillissement du nord (avec une pyramide des âges inversée) face à la jeunesse du sud.
- Impossibilité dabsorption de la demande laborale du sud: chômage et déruralisation.
- Injustice dans la répartition des richesses dans le sud, aggravée par les politiques d'austérité structurelle favorisant la dualité sociale.
Dû à ces deux premiers facteurs, dans les prochaines années la supériorité démographique du nord ayant besoin de la population active du sud sinversera. Cest pourquoi Sami Naïr parle, non pas de fluxe migratoire, mais d"interdépendance, des processus dintéraction structurelle de la population entre les deux rives de la Méditerranée" (Naïr, 1998a).
Plus de 6 millions de personnes originaires de pays méditerranéens non membres de lUE vivent actuellement dans des États de lUnion Européenne. Leur provenance est de 50% de la Turquie, de 22% du Marroc et de 12% de lAlgérie. Leurs destinations sont prioritairement lAllemagne (43%) et la France (32%). Uniquement le 38% choisi un autre pays méditerranéen pour destination (la France inclue). [Nous pourrions ajouter 2 millions de maghrébins naturalisés en France].
Comment est-ce que tout ceci atteint la coopération?
Dans la Méditerranée, le moteur impulsant la coopération ou la préoccupation pour ce qui arrive dans le sud se met en route lorsque limmigration qui en provient est perçue comme une menace. Une des tâches fondamentales des ONGs qui sommes engagées vis-à-vis du développement soutenable est dinverser cette perception.
Lémigration vers le nord est un des facteurs les plus importants de la coopération au développement lorsque nous la concevons dans un sens large. Si nous pouvons dépasser le concept traditionnel de la coopération comme un flux d"assistance" du nord vers le sud, nous pourrons montrer que lémigration fournit une des plus grandes poussées au développement, en plus d'engendrer des richesses dans le pays récepteur: "..les transferts de fonds financiers et de marchandises relatifs à limmigration dépassent de loin en volume les aides bilatérales et multilatérales apportées à ces pays [du sud]. En fait, moyennant ces transferts, limmigration contribue au développement du pays dorigine, de même quil contribue à celui de son pays daccueil grâce à son travail. Cest la quintessence du codéveloppement" (NAÏR,1998). Limmigration doit être perçue donc comme un instrument de développement et non comme une menace.
La coopération peut par ailleurs utiliser ce flux comme un levier pour le développement dans leurs pays dorigine. Aujourdhui le grand défi de nombreuses ONGs du nord est dintégrer les immigrants dans les projets quils mettent en oeuvre dans leurs pays dorigine.
Cependant, lUnion Européenne a criminalisé limmigration. Annuellement, 20.000 personnes arrivent clandestinement sur les côtes espagnoles depuis le sud: à peu près la moitié sont détenues. LEurope de Schengen est aussi la "forteresse européenne": lEurope des sans papiers.
Conclusion: la coopération dans un contexte de flux migratoire croissant comme dans le cas méditerranéen ne peut être motivée par un intérêt protectionniste du nord, mais au contraire par une vision élargie de linterdépendance structurelle de la démographie des deux rives, qui puisse concevoir la coopération au développement comme un véritable codéveloppement, juste, soutenable et réciproquement avantageux.
B. Un des acteurs (celui du nord) est lUE: le contexte politique
Cest le deuxième grand trait caractéristique de la Méditerranée (transparent 8): la présence du géant communautaire.
Les caractéristiques de lUE:
- Elle forme un bloc économique déjà consolidé: lunion monétaire.
- Elle est en attente de décision au sujet de sa constitution en tant que véritable unité politique.
- Cest une des zones les plus riches du globe.
- Il sagit dune expérience historique unique: une architecture supranationale surgie de la volonté des États membres.
- Cest un projet qui, bien quil comprenne des pays méditerranéens et laissant de côté son agrandissement vers lest, est dirigé et conduit par les États du centre et nord de l'Europe.
Les raisons de la volonté communautaire de coopérer avec le sud, avec son sud dans ce cas (un sud proche et donc menaçant), sont des raisons intéressées, nayant rien à voir avec laltruisme:
a) raisons préventives: sentir menacée la sécurité de la "forteresse européenne". Ce sud peut menacer la société de labondance réussie dans le nord, à cause de:
- les migrations (comme nous avons déjà vu),
- la dépendance energétique,
- labsence de paix et de stabilité sociale dans le sud, et
- la dégradation de lenvironnement dans un milieu partagé à cause de la croissance économique du sud.
b) raisons prospectives: construire une vaste région qui soit capable de rivaliser dans un monde à tendance vers la tripolarité économique.
Dans ce contexte, cependant, se sont produites les deux grandes réalisations de louverture de lUE au reste de la Méditerranée:
1. le Partenariat Euroméditerranéen et
2. la création dune future Zone de Libre Commerce dans la Méditerranée (MFTZ: Mediterranean Free Trade Zone).
Mais il ne faut pas oublier que, dun côté il y a la Méditerranée bien que lon ne connaît pas exactement sa limite territoriale, et dun autre côté, lassociation ou collaboration formée par lUE comprenant aujourdhui 15 pays parmi lesquels seulement 4 sont méditerranéens et le reste des pays méditerranéens mais pas tous. [Certains des pays exclus comme la Slovénie et la Croatie peuvent devenir membres de lUE, mais, que va-t-il se passer avec la Lybie ou lAlbanie?]. La Méditerranée peut difficilement concevoir, en tant que priorité ou objectif, une association de ce type.
4. Le Partenariat Euroméditerranéen
La Conférence Euroméditerranéenne de Barcelone, en novembre 1995, marque lhistoire dans la politique de lUE vers la Méditerranée. Elle suppose le point darrivée dune politique extérieure pour la Méditerranée qui compte sur dautres précédents:
- Elle commence avec la "Politique Globale Méditerranéenne" impulseé par la France de Pompidou en 1972, face à lélargissement de la CEE avec le Royaume Uni, lIrlande et le Danemark. Mais à la différence des accords de Lomé avec les anciennes colonies des pays ACP (Afrique-Caribe-Pacifique), on ne recherche pas des accords groupe-groupe multilatéralisme régional, mais des accords bilatéraux de lUE avec chaque pays pris séparément bimultilatéralisme.
- Dans les années 90, dun côté, lérosion du système bipôlaire après la chute du mur de Berlin (1989), permet la volonté allemande douverture vers lest et la France cherche le rééquilibre communautaire en prenant comme orientation la Méditerranée. Dun autre côté, la situation du sud de la Méditerranée se détériore avec la Guerre du Golfe (1990-91) et les conflits en Algérie. Ce qui provoque que lintérêt des pays latins auxquels lEspagne sest déjà incorporée et celui de la Commission Européenne, présidé par Jacques Delors, coïncident dans le besoin de mettre à jour une politique communautaire pour la Méditerranée. Le résultat en est la "Politique Méditerranéenne Rénovée" de 1992 qui prétend changer la coopération en un véritable partenariat et aller au-delà des questions économiques, tout en se préoccupant des problèmes de sécurité globale.
Par conséquent, nous pouvons dire que la politique communautaire vers la Méditerranée:
- est tardive: il a fallu attendre 15 ans depuis la création de la CEE en 1957 pour assister à ses premières formulations en 1972.
- a été davantage motivée par des facteurs dequilibre interne de la CEE absolument étrangers à la Méditerranée que par un véritable intérêt de lUE à légard de la région.
La Conférence Euroméditerranéenne, célébrée à Barcelone au cours de la présidence espagnole de lUE, entraîne un changement de ces initiatives antérieures. Elle réunit, pour la première fois, les 15 ministres des Affaires Extérieures de lUE et de 12 pays de la Méditerranée non communautaires (Marroc, Algérie et Tunisie / Egypte / Israël, Palestine, Jordanie, Syrie et Liban, / Chypre et Malte / Turquie) pour la première fois dans lhistoire. La rencontre a dailleurs un caractère symbolique, étant donné que des représentants de la Syrie, le Liban et Israël se sont assis à la même table, évènement qui ne sétait pas produit depuis la Conférence de Madrid en 1991. Les non invités sont: la Lybie, lAlbanie et les républiques ex-yougoslaves. LUE se préoccupe de la sécurité européenne dans un sens global et sintéresse à la stabilité politique et économique de la région. Cest dans ce but quelle met en route le Partenariat Euroméditerranéen, en tant que processus parallèle et symétrique par rapport à sa politique vers lest de lEurope, et quelle mise pour le développement dun grand bloc commercial.
La Déclaration de Barcelone recueille les accords de la Conférence Euroméditerranéenne de 1995 dans trois domaines ou "paniers":
- Collaboration politique et sur la sécurité: définition dun espace commun de paix et stabilité.
- Collaboration économique et financière: création dune zone de prospérité partagée.
- Collaboration dans les domaines social, culturel et humain: développement des moyens humains, encouragement à la compréhension entre cultures et aux échanges entre les sociétés civiles.
En tant que nouveauté, la Conférence Euroméditerranéenne compte sur la participation de la société civile dans le processus: le Forum Civil Euromed (coordonné par lInstitut Català de la Mediterrània), réunit aussitôt après la Conférence plus de 1.000 représentants dagents sociaux, économiques et culturels, avec lintention de couvrir les contenus des accord politiques de la conférence.
Linstrument financier qui est créé par lUE est le MEDA que nous connaissons tous.
Mais le Partenariat Euroméditerranéen a échoue, dû à:
- Contamination à cause du conflit arabe-israëlien.
- Déplacement de lintérêt communautaire vers les PECOs et les anciennes républiques soviétiques (CEE & NIS countries: Central and Eastern Europe and Newly Independents States)
- Des intérêts opposés entre les États Unis et lUE par rapport à la gobalisation, en général, et à la Méditerranée, en particulier.
La preuve en est que la Deuxième Conférence Euroméditerranéenne tenue à Malte (mai 1997) navait pas approuvé la Charte de Sécurité et Stabilité dans la Méditerranée.
Conclusion: Nous pouvons aujourdhui nous questionner pour savoir sil y a une volonté politique décisive de la part de lUE et de ses états membres afin de travailler pour la Méditerranée, ou bien si le Partenariat a été un succès passager de la présidence espagnole de lUE.
5. Zone de Libre Commerce dans la Méditerranée (MFTZ)
La Conférence Euroméditerranéenne de Barcelone et sa Déclaration (1995) prévoient la création dune Zone de Libre Commerce dans la Méditerranée dans lan 2010 entre lUE et les 12 membres du partenariat, comme résultat final des accords bilatéraux qui doivent se mettre en route. Ce bilatéralisme marque la différence par rapport à dautres accords économiques de lUE, tels que les Conventions de Lomé avec les pays ACP (Afrique, Caribe et Pacifique), fondés sur un multilatéralisme régional.
Il existait déjà des relations spéciales avec la Turquie qui acceptait à lépoque le tarif extérieur commun de lUE et avec Chypre et Malte qui négociaient leur adhésion. De nouveaux accords ont été signés, certains dentre eux précédant la Conférence Tunisie (juillet 1997) et Israël (novembre 1997), dautres à postériori Marroc (février 1996), Authotité Nationale Palestine (février 1997) et Jordanie. Ensuite, seront signés les accords avec lEgypte, le Liban, lAlgérie et la Syrie.
Il sagit de créer une "zone de prospérité partagée" grâce à la suppression progressive des barrières douanières, autant des droits que des taxes, par rapport aux importations et à laugmentation des exportations de certains produits et services à laide de quelques avantages comparatifs. Mais il faut surmonter de nombreux défis:
- Les différences économiques entre lUE et les reste des membres
- Le protectionnisme agricole de lUE
- La dette extérieure
- La relation bilatérale "privilégiée" entre certains États membres de lUE et dautres non membres.
Miser sur la création dune MFZT implique une nette volonté politique des pays du sud et de lest de la Méditerranée douverture à la mondialisation de léconomie et, par conséquent, de se soumettre au défi de la concurrence avec tout ce que cela puisse impliquer.
Daprès notre exposé préalable, la deuxième expérience connue relative à la création dune zone de libre commerce entre les pays du nord et ceux du sud repose sur le Traité du Libre Commerce (FTA), entre le Canada, les États Unis et le Méxique, qui est créé par la NAFTA (North American Free Trade Area).
La création de la MFTZ "peut provoquer un grave impact sur le développement physique et économique de la région, ses écosystèmes et ses ressources naturelles" (Bromberg, 1998) (transparent 9). Si on culmine avec succès dans la création de cette zone de libre commerce, on en attend une croissance économique du sud et de lest de la Méditerranée. Une telle croissance peut savérer dangereuse pour le "développement soutenable" du bassin:
- Le développement industriel aura un impact négatif sur les écosystèmes naturels, moyennant une augmentation des secteurs polluants: est-ce que ceux-ci pourront labsorber?
- La quantité de déchets augmentera: est-ce que le sud disposera dune capacité suffisante pour pouvoir les gérer?
(Si on résume les deux paragraphes ci-dessus: est-ce que le sud disposera dapports de fonds et de transferts technologiques suffisants pour assouvir les standards de lenvironnement quon lui impose dans le but dharmoniser les législations de la zone de libre commerce?)
- Danger de dumping écologique (pollution havens): tentative de réduire la législation portant sur les standards de lenvironnement pour favoriser la délocalisation des industries du nord vers le sud et attirer les investissements étrangers et/ou orienter les exportations vers des pays moins exigents que lUE.
- Une littoralisation encore plus poussée de lactivité économique.
Néanmoins, la croissance économique fourni
ra aussi une série davantages:- Lamélioration des conditions de vie (qui implique par ailleurs une augmentation du degré de prise de conscience sur lenvironnement).
- Laugmentation des investissements étrangers.
- Le tranfert de technologies relatives à lenvironnement.
- Le renforcement des standards légaux relatifs à lenvironnement (dû à lharmonisation des relations avec le nord).
Solutions:
1. Les sujets concernant lenvironnement doivent sincorporer explicitement et dès le début dans le plan et mise en oeuvre de toute négociation orientée vers la création dune zone de libre commerce. Même plus, le sujet concernant lenvironnement doit devenir une partie intégrale des textes en rapport avec les accords de libre commerce et ne pas constituer, comme il est arrivé dans le passé avec dautres expériences de zones de libre commerce (NAFTA), une dimension accessoire ou secondaire qui finit souvent comme une voie sans issue du processus.
2. Lharmonisation des législations sur lenvironnement, malgré la difficulté que celle-ci renferme à faire participer autant dÉtats, doit avoir lieu et ne pas tomber dans un protectionnisme déguisé.
3. Les politiques et stratégies de développement doivent basculer nettement vers la soutenabilité et oublier les modèles développistes traditionnels.
4. Le rôle des ONGs peut devenir essentiel dans la réalisation dun suivi du processus et dans sa participation. Pour y aboutir, il est nécessaire, cependant, que dans de nombreux États, la législation et la volonté politique des gouvernements encouragent ce rôle des ONGs:
1. Faciliter et garantir laccès à linformation de la part des ONGs et des organisations de citoyens.
2. Favoriser la réalisation dun suivi externe des politiques de développement et environnement et des projets de la part des ONGs.
3. Stimuler la participation des ONGs dans lélaboration des politiques et des pojets.
4. Impulser lexécution conjointe de projets: en finençant des projets des ONGs ou en demandant leur exécution.
La création dune Zone de Libre Commerce dans la Méditerranée est un but à atteindre dans lacheminement vers un véritable codéveloppement. Ceci impliquera une expérience unique dans le monde de la coopération nord-sud, puisque la disparité économique entre le nord et le sud de la Méditerranée est beaucoup plus grande que celle qui existe entre le Méxique et ses voisins du nord. Son succès ou son échec peut avoir des conséquences allant au-delà de la région méditerranéenne.
C. Une mer agitée
Jusquà présent nous avons insisté sur ce qui confère unité et cohérence à la Méditerranée, ou sur les actions ayant pour objet de lui donner davantage dimportance. Mais ce qui saute aussi aux yeux, cest quil sagit dune mer de contrastes, daffrontements et de conflits. Ce nest pas une mer calme (transparent 10).
Le cliché fonctionne encore une fois: la Méditerranée est une mer, berceau de civilisations et brassage culturel. Ce qui équivaut à dire quelle a été au cours des siècles décor de conflits et affrontements, mais aussi un cadre idéal pour le commerce et les échanges.
6. La diversité culturelle
La Méditerranée, rencontre entre lOccident et le reste. La Méditerranée, en plus de représenter une des voies de contact entre le nord et le sud économiques du globe, est aussi le point de rencontre entre lEst et lOuest. Dans le contexte de laprès-guerre froide, il ne sagit plus, cela est vrai, de la division entre les blocs capitaliste et soviétique qui ne passait pas par ici, sinon à travers le "rideau de fer", mais de la culture occidentale et du reste. Cest le lieu de rencontre entre ce que le professeur Samuel Huntington a résumé dune façon malencontreuse moyennant lexpression "The West and the Rest" (Huntigton, 1993). Dans la Méditerranée, on trouve dune part, des pays qui respectent les stéréotypes de la société occidentale, héritière de deux révolutions, la révolution française et la révolution industrielle. Cependant, on trouve aussi dautre part, des pays dont la civilisation a dautres origines.
Dans les dernières années, des politologues tels que le professeur de Harvard, Samuel Huntington, ont tenu à souligner cette rupture civilisationnelle au sein de la planète. Huntington divise le monde en 8 civilisations, trace ses frontières et affirme que les futures guerres mondiales, si jamais elles se produisent, auront pour décor notre mer, où des civilisations limitrophes entrent en conflit. Laissant à part larbitraire des divisions quil établit et le côté simplificateur de ses exposés, les théories de Huntington ainsi que dautres auteurs ne dissimulent point le fait dêtre une justification ad hoc de la politique extérieure des États Unis. La première puissance du globe continue ses tentatives au sujet de quel doit être le discours qui puisse justifier sa politique extérieure, mais pendant ce temps, il lui suffit de "sataniser" ses ennemis à travers les médias et luniversité.
Nous ne partageons pas la thèse de Huntington. Nous nallons pas nier lexistence de différentes civilisations sur les côtes de la Méditerranée et leur affrontement au cours de plusieurs conflits armés au sein du bassin. Toutefois, sil y a un lieu où lon peut établir le dialogue interculturel, cest bien la Méditerranée. Nous sommes enfants de guerriers et envahisseurs, mais aussi de commerçants et de philosophes. La cohabitation millénaire autour dune même mer a provoqué des affrontements et des guerres mais aussi des échanges commerciaux et culturels. Il est vrai que dans la Méditerranée, différentes cultures y cohabitent et que leurs relations ne sont pas harmonieuses, comme dans de nombreuses occasions au cours de notre histoire commune. Mais cest aussi la Méditerranée qui a fourni les plus grands exemples de cohabitation respectueuse et pacifique. Les ONGs qui sommes aujourdhui ici réunies, en sommes la preuve: au-delà ou au-deçà des conflits qui puissent affronter nos États ou gouvernements, nous prouvons la volonté et la capacité de la société civile méditerranéenne, non seulement dans lentente mais aussi dans un travail en commun.
Personnellement, je me sens méditerranéen et je sais que je suis occidental, mais je me sens beaucoup plus capable que le reste des occidentaux surtout, de ceux qui sont plus au nord et de ceux qui pensent comme le professeur Huntington pour accepter et respecter le fait que dautres groupes humains recherchent à sarticuler politique et socialement en dehors de coordonnées imposées par loccident, sans pour autant les tenir pour trompés ou retardés et sans quils deviennent une menace à légard de mon "occidentalité". Même au risque dêtre accusé de romantique, je crois fermement dans lexistence dun fonds, dun héritage culturel partagé, qui puisse changer la Méditerranée, non seulement en un climat, un paysage ou une gastronomie, mais aussi en une façon de comprendre la vie.
Cette "méditerranéité" est, depuis mon point de vue, une arme servant à affronter le défi de bâtir une cohabitation pacifique entre tous les peuples de notre mer. Le monde a besoin que nous gagnions cette manche.
[Si javais à choisir entre devenir un occidental ethnocentrique et bélligérant, et devenir un méditerranéen interculturel et pacifique, je garde le second et "renie" de mon occidentalité].
Ce qui vraiment existe, malheureusement, dans la Méditerranée, cest une rupture démocratique: lexistence de régimes politiques non démocratiques est une réalité que personne ne discute; des régimes authoritaires, à respect précaire envers les droits humains, dépourvus de droits politiques, irrespectueux envers leurs citoyens et leurs organisations de base, etc.
Conclusion: les différences culturelles dans la Méditerranée sont une réalité, néanmoins pour parvenir à une véritable coopération au développement, nous ne devons pas être dupes à légard de linstrumentalisation politique qui est instituée sur ces différences.
7. Conflits armés
La coopération au développement se réalise souvent dans des lieux à conflits. La menace dun prochain conflit armé ou l'amertume issue du dernier, constituent souvent le cadre habituel de nombreux projets. La menace repose aussi sur le fait que la coopération nord-sud puisse s'assombrir par la mémoire de la colonisation et la persistance de la réticence danciennes colonies vis-à-vis de la coopération danciens colonisateurs.
Qua-t-il donc de particulier le fait que la coopération dans la Méditerranée soit souvent encadrée par un paysage de conflit manifeste ou latent? Seulement et exclusivement la nature et lorigine de ces conflits.
Daprès lexpert en la matière, Paul Balta (BALTA, 1997), nous pouvons classer les conflits de la Méditerranée en deux grands groupes: les conflits héritage dune longue histoire et les conflits propres à la situation de la seconde moitié du XXè. siècle.
Les conflits héritage de lhistoire trouvent leur origine dans le fait que la Méditerranée est le berceau des trois religions monothéistes révélées:
1. Le conflit arabe-israëlien
2. Les affrontements au sein de lex-Yougoslavie: serbes orthodoxes, croates catholiques et musulmans bosniens.
3. Les conflits ethnico-religieux:
- Affrontements entre grecs et turcs à Chypre.
- La question arménienne.
Dautres conflits ont une origine plus récente, dans la deuxième moitié de ce siècle:
4. Conflits territoriaux frontaliers issus de la décolonisation:
- Maghreb: Algérie-Tunisie, Algérie-Marroc, etc.
- Sahara Occidental
- Egypte-Soudan
- Syrie sur Alejandreta et Liban
- Palestine
5. Conflit entre communautés appuyées par différentes puissances régionales: le Liban est le cas emblématique.
6. Conflits avec les minorités:
- Pays Basque
- Corse
- Kosovo
- Kurdes
- Berbères
- Exode silencieux des chrétiens dOrient: Jérusalem, Egypte, etc.
7. Instrumentalisation de lIslam avec une finalité politique: provoque des conflits avec des groupes armés à:
- Algérie
- Egypte
- Lybie
- Palestine
- Syrie (on est parvenu à un accord)
Et au sein de la typologie établie par Paul Balta, nous nous permettons d'établir dans ce groupe de conflits dorigine récente, un troisième groupe de conflits ou mieux encore, de causes de conflits:
8. Affrontements internes entre régimes authoritaires et les défenseurs des droits humains
9. Déséquilibre économique entre le nord et le sud
10. Flux migratoire vers le nord (perçu par le nord comme une menace: xénophobie associée)
11. Contrôle sur leau (cela est déjà arrivé dans le Plateau du Golan)
12. Dépendance énergétique du nord: hydrocarbures et gasoductes.
13. Rivalité stratégique Europe-États Unis dans la Méditerranée (commandement à légard de l OTAN)
Certains conflits sont exclusivement méditerranéens: 1. Le conflit arabe-israëlien, 2. ex-Yougoslavie, 7. Instrumentalisation politique de lIslam (bien que cela arrive aussi dans dautres régions) et Rivalité stratégique Europe-États Unis.
Dautres, propres des conditions de la Méditerranée peuvent se produire dans dautres lieux réunissant les mêmes caractéristiques quant aux ressources naturelles: 11. Contrôle sur leau (il a déjà eu lieu dans le Plateau du Golan) et 12. Dépendance énergétique du nord: hydrocarbures et gazoductes.
Dautres sont partagés avec dautres zones de contact entre le nord et le sud (comme Méxique-États Unis): 9. Conflit nord-sud et 10. Flux migratoire.
4. Le programme des ONGs pour la «Coopération Méditerranéenne»
Nous avons exposé les facteurs écologiques, économiques, politiques, démographiques, civilisationnels, belligérants, etc. dans le cadre de la Méditerranée. Nous les avons groupé autour des trois caractéristiques qui nous semblaient indispensables de prendre en compte afin de mener à terme la tâche de coopération dans la Méditerranée:
A. La proximité des acteurs: dans la Méditerranée, le nord et le sud sont en contact.
B. LUE est un des ces acteurs.
C. La Méditerranée est une mer agitée.
Dans un tel cadre apparaissent les principaux problèmes de la Méditerranée, quels sont ces problèmes? (transparent 12). Malgré un apparent excès de simplification, nous pouvons les grouper en trois blocs:
1. Inégalité économique: niveaux inégaux de développement dans les deux rives et problèmes associés (flux migratoires, dépendance commerciale du sud, dépendance énergétique du nord, etc.)
2. Problèmes écologiques: la soutanabilité du bassin est menacée.
3. Conflits armés.
Dans ce cadre, sous de telles conditions, les ONGs méditerranéennes devons mener à terme notre tâche: à laide de ces rameaux dosier, nous devons constuire notre panier. Est-ce quun travail de coopération dans ce contexte est possible? Est-il possible de mettre en oeuvre une «Coopération Méditerranéenne»? Nous croyons que la coopération dans la Méditerranée est précisément dans le travail ensembles pour résoudre les problèmes communs de la Méditerranée. Ce qui implique de travailler pour un véritable "développement soutenable" de la Méditerranée, cest à dire, daméliorer les conditions de vie de ses habitants dans un contexte de soutenabilité et de paix.
Comment peuvent participer les ONGs de la Méditerranée? Et, quelles seront les particularités d'une telle coopération face à la coopération dans dautres lieux? Lensemble de ces caractérstiques analysées au préalable convergent vers la Méditerranée et rendent la coopération ici différente en quelque sorte de celle qui est mise en oeuvre dans dautres endroits du globe. Normalement, la coopération na pas lieu entre voisins sauf dans le cas analogue de la NAFTA, ni un des coopérants est souvent un géant comme lUE, ni il sagit dune région saupoudrée de conflits qui sont souvent enracinés au cours des siècles.
Que pouvons-nous faire, les ONGs de la Méditerranée? (transparent 13).
1. Impulser le codéveloppement. Les problèmes de la Méditerranée sont communs à tous les pays riverains, puisque tous subissent dune façon ou dune autre, leurs conséquences. Ici, "communs" est le mot clé, parce quil sagit de problèmes partagés. Cest dans ce sens que la "Coopération méditerranéenne" va au-delà de l"aide" ou "assitance" des pays développés vers les pays en voie de développement. Il sagit dun véritable codéveloppement, dans lequel bénéfice et aportations proviennent des deux pôles. Dans de nombreux cas, les motivations du nord développé afin de démarrer une telle coopération sont exclusivement égoistes on impulse le développement économique du sud pour garantir la sécurité du nord-, mais cest déjà un bon début. Les ONGs méditerranéennes devons montrer que le codéveloppement, le véritable partenariat, est possible.
2. Appuyer un développement soutenable. Stimuler la disparition du divorce existant encore entre environnement et développement au sein des administrations et dans dautres institutions. Il ny a pas de véritable développement si celui-ci nest pas soutenable et il ny a pas non plus de protection de lenvironnement possible si lon ne recherche pas la voie daccès au confort de la communauté. Celui-ci doit être lobjectif, guide de la construction dune Zone de Libre Commerce dans la Méditerranée.
3. Impulser le dialogue civilisationnel. Les ONGs ainsi que leurs réseaux mettent en rapport les sociétés civiles dÉtats et traditions différentes. Le dialogue entre cultures et le respect envers le fait différenciel constituent les constantes du travail quotidien des ONGs qui nous consacrons à la coopération internationale. Nous sommes un bon exemple de la manière comment doit se construire une Méditerranée plurielle et intégratrice, .
4. Construire la paix. Cette tâche de mise en rapport des sociétés civiles se réalise parfois dans des conditions très adverses, par-dessus, ou par-dessous même, des conflits qui opposent les États. Parmi les ONGs présentes ici aujourdhui, il y a de bons exemples dune telle tâche. Il sagit de notre contribution vers la construction dune paix durable.
5. Renforcer la société civile et, en particulier, les ONGs du sud et de lest méditerranéens. Malheureusement, le degré de développement des organisations citoyennes est très inégal dans la Méditerranée. Le tissu associatif des pays en voie de développement est souvent fragile et leur société civile ne possède pas de structure. Une telle situation nest pas étrangère à la situation politique et aux libertés de chaque État. Tout projet de coopération dans la Méditerranée, outre lobjectif précis de son action, doit renfermer comme objectif parallèle celui de renforcer la capacité des ONGs qui y participent.
6. Démocratization. Le développement soutenable ne peut avoir lieu sans la participation des citoyens, sans une société civile riche. Cest pour cela que les ONGs nationales et aussi les réseaux régionaux dONGs devons faire pression sur les gouvernements afin dobtenir des contextes juridiques permettant de stimuler la participation des citoyens et la création dassociations civiques. Les régimes politiques autoritaires constituent le pire des contextes pour stimuler un développement soutenable.
7. Construire le concept de "Coopération méditerranéenne". Nous devons rappeler que la Méditerranée existe en tant quunité, puisquon y trouve davantage de points communs que délements divergents entre les peuples qui y habitent. Nous sommes le point de contact entre différentes cultures et différents niveaux de développement. Dans le cas où nous réussissons dans notre quête, nous serons parvenus à bâtir un espace de solidarité unique sur la planète, pouvant devenir un modèle universel sur la façon daffronter le défi du développement pour les pays moins développés et le défi du dialogue entre cultures fondé sur la solidarité. Nos possibles donnateurs doivent savoir que celui-ci est aussi notre objectif lorsque nous demandons des aides économiques pour sauvegarder les phoques moine ou pour créer des emplois pour les jeunes chômeurs habitant les oasis.
Bibliografía (citée dans le texte)
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Balta, Paul (1997); «La Mediterranée en tant que zone de conflits», en Afers Internacional nº 37, septiembre, monógrafico sobre Estabilidad y conflictos en el Mediterráneo, CIDOB, Barcelona.
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IUCN-UNEP-WWF (1991); Caring for the Earth, Gland.
Intermón (1997); La realidad de la ayuda 1997, Intermón, Barcelona. La cita es de Mamadou Lamine Thiam, The role of African NGOs in Africa's sustainable development.
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